Une activité devient passionnante parce qu’on y prend du plaisir. Les émotions positives issues de la passion conduisent le passionné à persévérer face à la difficulté, à apprendre, à affiner un geste jusqu’à la maîtrise. Chaque obstacle passé provoque de nouvelles émotions positives, des récompenses et renforcent la confiance en soi et en ses capacités à réussir. Cette estime de soi permet de faire face à de nouvelles difficultés, plus grandes encore, que la plupart du temps, on parviendra à surmonter.

Il est évident que si les premières difficultés ne sont pas surmontées, si des premières émotions positives ne permettent pas de trouver l’envie et la force de poursuivre, l’activité sera abandonnée bien avant le stade de passion.

S’il y a passion, donc, c’est qu’il y a eu cette étincelle et que celle-ci revient régulièrement redonner l’envie et l’énergie.

Le plaisir revient alors, puis des petits et grands succès, la conscience de l’évolution, de nouveaux gestes maîtrisés. Des rencontres, des échanges aussi, qui à leur tour enrichiront la personnalité du passionné, renforceront sa confiance lorsqu’il partagera la manière dont il a surmonté une difficulté, sa force, sa créativité, ses nouvelles connaissances. La souffrance, le doute, les frustrations sont alors bien loin !

Il n’y a donc pas de passion sans plaisir et peu de plaisir sans passion. Toutes ces émotions positives, cette énergie, les compétences que l’on a développées pour progresser, font des passionnés des êtres plus riches, complexes et disposant d’une identité plus forte. Ce sont autant de qualité qui servent dans les autres pans de leur vie et qu’ils transmettront volontiers à leurs proches.

Je suis absolument convaincu que nous devons libérer et encourager la passion, tant pour les adultes que pour les enfants. Il y a là une telle source d’énergie et de bien-être que si nous atteignons une « masse critique », un nombre élevé de passionnés, la société pourrait en être transformée dans son entièreté. Cette perspective n’est-elle pas plus encourageante que la morosité ambiante, la perte de sens, l’espoir en berne ? Je le pense !