Lorsqu’on parle passion, on pense rapidement à en faire un métier. C’est assez logique mais peut-être pas souhaitable dans tous les cas.

Évidemment, le passionné a atteint un niveau de maîtrise élevé de son activité. Il la connaît en profondeur. Il en a étudié la technique, l’histoire, en connaît les acteurs principaux, sait où trouver le meilleur matériel, est au courant des événements passés et à venir. Lancé sur son sujet, il devient intarissable, allant d’anecdotes aux détails techniques, quitte à saouler son auditoire.

Quoi de plus logique, lorsqu’on a une telle connaissance de son activité et qu’on en tire autant de satisfaction de vouloir sauter le pas et de vouloir en vivre.

Certains n’ont d’ailleurs pas vraiment le choix. Il est assez fréquent qu’une passion, exercée très tôt dans la vie et de manière intense, ait laissé peu de place à d’autres activités. Le développement d’une profession dans le même domaine s’impose alors naturellement.

D’autres choisissent cette voie plus tard. Ils ont fait le tour de leur métier « alimentaire », ils ont des économies, moins de contraintes… où en ont tellement ras-le-bol qu’ils ne voient que cette solution. Évidemment, la connaissance qu’ils ont de l’environnement de leur passion leur donne un avantage indéniable face à d’autres, moins passionnés, moins investis, face aux difficultés aussi. Ils ont plus d’atouts dans leur jeu.

Mais il faut néanmoins rester prudent. Une ou plusieurs passions, en plus d’un travail classique, représente une richesse, un gain de complexité. En cas de problème au travail, la passion compense. Elle représente un sas de décompression, une source de plaisir. A contrario, en cas de défaite, de difficulté dans sa passion, le travail peut jouer le même rôle. Sans oublier qu’il représente une source de revenus et de stabilité que l’on ne peut négliger.

Joindre les deux environnements peut constituer un risque. Imaginez l’échec d’un métier passion, c’est un monde qui s’écroule. Outre la perte de revenus, c’est une atteinte à l’identité et à l’estime de soi potentiellement plus forte que pour n’importe quel autre projet !

Il est donc très important de prendre conscience de ce risque et de prévoir l’échec, d’envisager les plans B, C, D… Autant de solutions qui éviteront les déconvenues financières mais aussi, et surtout, les atteintes à son identité et à son estime. Notamment, il faut s’assurer que ses proches porteront encore le même regard, qu’un champion d’échecs ne devienne pas « mister échecs » parce qu’il aura échoué dans un projet lié à sa passion !