Nous avons tous des connaissances, proches ou moins proches, ayant développé une ou plusieurs passions. Ils jonglent entre leurs activités professionnelles et leurs loisirs, tout en mêlant les contraintes de la vie quotidienne.

Et puis, nous connaissons d’autres personnes, bien plus nombreuses, qui aimeraient donner plus de place à leur passion. Plus tard, ils feront de la plongée de manière plus intensive. À la retraite, ils voyageront. Quand les enfants seront grands, ils reprendront des cours de peinture. Plus tard…

Et puis, parfois, plus tard signifie jamais ! Jamais parce que la vie réserve bien des surprises. Qui peut être assuré d’être vivant, en forme ou d’avoir les moyens financiers… plus tard ?

Certes, on ne peut pas tout faire, tout vivre ici et maintenant. Il faut être raisonnable, nous sommes adultes et contraints par la vie, notre famille, nos activités professionnelles, des moyens financiers limités, etc.

Mais entre « tout maintenant » qui est impossible et « tout remis à plus tard » qui est finalement aussi peu raisonnable, il y a une énorme marge de manœuvre à explorer. Souvent, et je l’ai vécu personnellement, on ne s’autorise pas le développement d’une activité de loisir. Le travail avant le plaisir. Les enfants d’abord. Le temps est limité. C’est fou ce qu’on trouve comme excuses pour ne pas réaliser nos rêves… Ce qui est dommage, c’est que ce faisant, nous alimentons des frustrations qui rendent le quotidien plus lourd, les contraintes plus présentes, les obstacles plus hauts et les souffrances plus dures. Il en résulte une tension qui ne peut faire que croître. Croître jusqu’à la rupture, parfois.

Il est tout à fait possible de libérer nos passions, raisonnablement et dans le cadre de nos vies respectives, sans pour autant développer un égoïsme contre-productif et, malheureusement, si courant. Assez pour réduire les tensions, pour prendre du plaisir et bénéficier de tous les bienfaits d’une activité passionnante. Assez pour mieux vivre les autres pans de sa vie, pour mieux organiser l’ensemble. Et l’on se rend compte alors qu’il y a moyen de faire de nombreuses choses plaisantes, malgré les contraintes, et que, même lorsqu’on n’exerce pas cette activité passionnante, la simple pensée du plaisir que l’on a pris la dernière fois, la simple évocation de celui que l’on prendra la prochaine fois, provoque un plaisir qui recharge les batteries.

Cette énergie, vous y avez droit. Et non seulement vous y avez droit mais, vu sous un angle purement raisonnable de bon père de famille, d’une certaine manière, vous vous la devez, à vous et à vos proches. En étant mieux dans votre vie, vous serez un meilleur conjoint, parent ou collègue. CQFD ? Alors, on libère les passions ?