J’ai déjà évoqué plusieurs fois l’importance que j’accorde à la passion, en tant qu’attachement intense et durable pour une activité, ses bienfaits individuels et collectifs, à la fois pour les enfants et adolescents, les adultes et les organisations.

Les bienfaits identifiés expliquent évidemment ma démarche ; elle donne un sens supplémentaire à mes activités. Mais pourquoi établir un lien si étroit entre les passions et leur apport possible au sein des organisations ?

Je pourrais me contenter de promouvoir la passion individuelle. Prenez du plaisir dans vos vies, dégagez du temps pour vos activités de loisirs, des moyens pour les réaliser, etc. Tel quel, nous pourrions identifier de nombreux avantages individuels et sociétaux. C’est une partie de ma démarche.

Une partie seulement parce que j’ai observé de nombreuses personnes allant dans cette voie, mais trop loin à mon sens, parce qu’elles ne travaillent finalement que pour leurs loisirs. Ces individus en font alors le moins possible au travail, prennent l’argent et usent de tous les moyens légaux pour tirer le maximum du système au bénéfice de leur vie personnelle et de leurs passions. Chacun fait comme il veut et comme il peut mais ce n’est pas ma conception de la passion, ni surtout, de la vie en société.

Ma démarche s’inscrit pleinement dans un objectif collectif !

Certes, nous tenterons d’organiser nos vies pour dégager du temps et des moyens qui libèreront nos passions. Individuellement nous y prendrons un plaisir légitime, mais j’entends bien transférer les bienfaits de ces activités vers la collectivité.

Ce transfert apportera une dimension supplémentaire aux individus qui y participeront. Elle leur donnera plus de sens, de profondeur, de reconnaissance et amplifiera encore la dynamique de leur passion. Ma démarche vise donc à accroître les bénéfices de la passion individuelle en l’incluant dans un projet sociétal plus vaste, un système où tous les acteurs sont gagnants.

Je ne fais évidemment pas ça par hasard ou par naïveté. Depuis toujours, nous sommes des êtres collaboratifs bien plus encore que des être sociaux. La parenthèse individualiste et trop égoïste que nous vivons actuellement n’est pas dans notre nature. Le bien, le mal, la douceur et la violence, si, mais pas l’individualisme. Notre nature est bien celle d’un être collaboratif au sein de groupes restreints (ce qui pose évidemment d’autres problèmes sociétaux, politiques, etc. mais ce n’est pas mon propos, ici).

En libérant la passion, en favorisant l’entraide pour dépasser les obstacles et en donnant la parole aux passionnés pour qu’ils partagent les bénéfices acquis, nous alimenterons une dynamique positive au bénéfice de tous les acteurs, individuels et collectifs. C’est en tout cas ma thèse.