Tout le monde n’est pas naturellement charismatique et encore moins leader. Et même s’il est possible d’acquérir des techniques, trucs et ficelles pour s’en approcher, il s’agit essentiellement de qualités à la fois innées et, surtout, reposant sur la confiance en soi acquise au cours de la vie (la vraie, évidemment, pas celle de la grenouille qui tente de se faire aussi grosse que le bœuf!). Confiance développée dans l’enfance, grâce au regard des adultes, dont évidemment les parents, puis tout au long de la vie, par de bonnes expériences, des relations satisfaisantes et des succès. La face négative de ces différents éléments conduisant à une perte de confiance, d’autant plus s’ils se sont répétés fréquemment et non compensés par des événements positifs.

L’exercice d’une activité passionnante conduit à renforcer la confiance en soi et l’identité de la personne. L’assurance que le passionné aura développée dans son activité, par sa capacité à surmonter des obstacles, à être persévérant, à apprendre, à s’adapter, de même que par ses succès, la reconnaissance de ses proches ou de ses pairs le conduira probablement à développer un certain charisme.

Lorsque le passionné parle de son activité, il y met tant de cœur et d’enthousiasme, il maîtrise tellement bien son sujet, il a tellement envie de partager ses expériences et connaissances, qu’à ce moment-là, il a bien plus de charisme qu’à l’accoutumée. Parfois il saoule son auditoire, c’est vrai, mais pas toujours.

Il est tout à fait possible de faire percoler cette confiance, l’estime et le charisme que le passionné a acquis grâce à sa passion, et qui s’exprime quand il l’exerce ou quand il en parle, vers les autres pans de sa vie.

Juila de Funès est allée un peu plus loin dans son livre Socrate au pays des Process. Elle a abordé le charisme dans son chapitre consacré au leadership et elle conclut en s’interrogeant sur la vraie source du leadership : « Passer du pouvoir sur autrui à la puissance du « soi », en d’autres termes de la technique à l’authentique, du paraître à l’être, ne serait-ce pas la clé du leadership ? ».

J’embraye donc volontiers en insistant sur les conditions d’une identité suffisamment forte pour pouvoir être authentique. Elle se construit de nombreuses manière, l’exercice d’une activité passionnante en fait partie. Notre objectif est donc de travailler sur ces pans de vie où les individus se sentent forts et, donc, où ils peuvent être authentiques pour leur montrer que cette force et cette confiance ont aussi leur place dans les autres pans de leur vie, donc aussi au travail, auprès de leurs collègues et de leur management. Il d’ailleurs fort probable que, devenu manager aux-mêmes, ils développent naturellement, de par leur parcours, une forme de leadership plus charismatique qu’autoritaire.