Lors d’une séance de travail avec Nyuko, j’ai utilisé plusieurs fois l’expression « une vie extraordinaire ». L’effet sur l’animatrice du jour a été positif et intéressant. Mais l’expression ne vient pas de nulle part et, surtout, elle est bien plus qu’un slogan qui pourrait ressembler à un attrape-nigaud utopique.

Il me semble donc utile de préciser ma pensée.

Une vie extraordinaire, d’abord, est tout autre chose que ce que nous pourrions imaginer d’emblée : non, ça n’a rien à voir avec les paillettes, la jet-set ni des moyens financiers très importants qui nous permettraient d’acheter tout ce dont nous pourrions avoir envie. D’ailleurs, les gens qui vivent dans ces milieux, même s’ils se sentent extraordinaires parce que dans un monde « à part », ne ressentent pas forcément plus de bien-être que la population moyenne.

Une vie extraordinaire, au sens où je l’entends (et de nombreux autres auteurs avant moi), c’est une vie où l’on trouve une cohérence, un équilibre entre les différents pans de notre existence et par rapport à nos valeurs, du sens. Une vie qu’on trouve intéressante parce que l’on fait, en gros, des choses qu’on aime avec des gens qu’on apprécie. À côté de cela, il est évident que les moyens financiers et la santé sont indispensables. Mais on se rend vite compte que les premiers ne doivent pas être très élevés pour apporter du bien-être (des études par lesquelles on teste régulièrement le niveau de revenus à partir duquel les répondants se sentiraient « à l’aise » montrent que l’on se situe rarement au-delà de deux fois le revenu médian !) et que la santé est partiellement influencée par les autres critères mentionnés précédemment (meilleure alimentation, moins de stress, de comportements à risque ou de dépendances, notamment).

Une vie extraordinaire ne peut être considérée comme un état définitif, un aboutissement. Il s’agit forcément, parce que c’est une vie, d’une histoire qui s’écrit au jour le jour, d’un état temporaire, en mouvement. Un état qui tend à se dégrader si l’on n’y prête attention, qui demande donc constamment une évaluation, des ajustements. Mais ceux-ci deviennent de plus en plus naturels, au fil du temps.

Nous avons bien entendu de nombreux moyens de parvenir à notre vie extraordinaire ; cette existence unique qui nous correspond et nous comble. Et nous avons, pour cela, une responsabilité à la fois individuelle de prise en main de notre existence et collective. Notre vie extraordinaire dépend donc de nous, mais pas seulement. Notre environnement tient une place importante dans notre réussite. Et donc, aussi, nous aurons une responsabilité vis-à-vis d’autres personnes, famille, amis ou collègues, qui font partie de notre environnement. Leur bien-être contribuera au nôtre.

L’un des moteurs de cette vie extraordinaire, c’est la passion. Cette passion résulte, d’abord, d’activités pour lesquelles nous avons un attachement durable et intense. Mais elle devient ensuite le moteur et l’énergie qui animeront la suite. Et cette suite peut être à la fois cette-même activité ou, bien plus intéressant, percoler dans d’autres pans de la vie. C’est ainsi qu’on gagne en équilibre et en cohérence entre les différents pans de notre vie extraordinaire. En transposant les acquis de l’un vers les autres, on gagne en efficacité, en plaisir, en succès.

Notre vie, alors, est bien plus extraordinaire!  Et autour de nous, bien plus de gens en profitent puis, à leur tour, tendent vers une vie plus extraordinaire et ainsi de suite…

Notre démarche, ajoutée à celle d’autres acteurs allant dans le même sens avec d’autres moyens, crée une formidable dynamique dont les effets sociétaux sont potentiellement très importants !